Les princes de la nuit - Jacques Forgeas

Publié le par Pascal K.

Les princes de la nuit 
Jacques Forgeas

Éditions Albin Michel / 2025
373 pages 

Comme dans « Les fantômes de Versailles », c’est très intéressant ici de suivre des investigations de police du XVIIe siècle ! Nous aurons à nouveau l’occasion, entre autres, de côtoyer Gabriel Nicolas de La Reynie, premier lieutenant général de police de Paris, qui a grandement contribué à créer - moderniser ! - la police judiciaire.  

L’auteur s’attaque ici à des crimes basés sur la morale et la peur, les victimes étant des guérisseuses, ou des sorcières ! Cela dépend du point de vue de chacun. Néanmoins, une ou quelques personnes ne semblent pas vraiment être adeptes des pratiques de ces femmes au pouvoir suspect. Mais des médecins et chirurgiens vont également y passer. 

Cela me fascine toujours de suivre des inspecteurs de la criminelle d’une autre époque, avec des méthodes propres à leur temps, notamment la jugeote, les déductions, l’observation, les indics - la base ! -, les moyens techniques et scientifiques n’étant pas encore développés. 

L’aspect hiérarchique est également intéressant, surtout lorsque on atteint des niveaux où il devient peut-être préférable d’étouffer certains éléments au détriment de l’enquête. Oui, les temps changent, mais pas forcément les méthodes ! Dès que ça commence à chatouiller Versailles, l’affaire devient politique. Rien ne change, n’est-ce pas ?

Jacques Forgeas nous met rapidement à l’aise avec cette époque. Nous sommes évidemment « dépaysés » par les pratiques d’un autre temps, mais les interactions entres les gens restent très familières. Eh oui, toutes les préoccupations et tourments de la vie, en revanche, sont intemporels. 

L’auteur mêle ici sciences et croyances, entre lesquelles l’âme humaine occupe une place de choix. Il est vraiment intéressant de constater que certains aspects nous concernant demeurent une énigme, quel que soit l’époque. Intégrer une intrigue criminelle à ces thématiques est malin et habile, car elle permet de confronter des points de vue totalement divergents. Et lorsque ces visions s’opposent, les conséquences peuvent être très violentes, voire criminelles.

L’auteur met en place une machination véritablement diabolique - c’est le cas de le dire - qui entremêle croyances, peur et religion. Cette conspiration frappe l’Eglise de plein fouet en exploitant la faiblesse du genre humain. Un tel procédé pourrait d’ailleurs fonctionner aujourd’hui, car les « faiblesses » de l’être humain ne sont pas près de disparaître ! 

J’ai aimé suivre ici les enquêteurs parisiens, quel que soit leur place dans la hiérarchie, pour qui la vérité constitue la valeur morale suprême ! Et ça, je ne sais pas si c’est intemporel …

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