Douze ans après - Lisa Gardner
Douze ans après
Lisa Gardner
Éditions Albin Michel / 2026
455 pages
Lisa Gardner a trouvé son personnage. Et tant qu’elle le tient, on suit - sans trop se poser de questions.
L’intrigue ? Correcte, portée par des enjeux familiaux touchants. Mais franchement, c’est le fameux personnage qu’on vient chercher. J’y reviendrai.
L’auteure a beau « recycler » une trame de base similaire d’un bouquin à l’autre, l’originalité, elle, est tout de même au rendez-vous. Ici, l’atmosphère, les lieux, donneront une certaine valeur au récit. Je n’ai pas de mal à croire que l’auteure y a passé du temps pour s’y imprégner.
Mais la principale originalité dans la continuité reste Frankie Elkin, le personnage phare. La quarantaine, « ex » alcoolique, n’est ni flic, ni détective, ni rien du tout, et pourtant elle recherche des personnes qui ont disparu, qui n’intéressent plus personne, oubliées jusqu’à leurs existences.
Pourquoi cet acharnement ? Elle-même aurait du mal à répondre. Je suis fan de cette femme « rentre-dedans », intuitive, très intrusive, observatrice, à la persévérance limite bestiale.
Dans cette intrigue, elle accepte d’essayer de retrouver la petite sœur d’une condamnée à mort pour meurtres en série. Et cette mission va la conduire sur un atoll isolé du monde, parmi des gens tout aussi isolé dans leur tête …
C’est avec un huis clos aussi frais qu'étouffant que l’auteure nous dévoile une trame très particulière, où les buts à atteindre ne se trouvent absolument pas là où on les imagine.
Mais c’est vraiment dans les personnages que j’ai trouvé mon compte. L’auteure leur donne exactement ce qu’il faut pour nous déstabiliser.
L’intrigue en elle-même n’est pour moi pas vraiment spectaculaire. Je n’ai pas particulièrement été surpris par l’enchaînement des événements. Ce que je retiens - et c’est l’essentiel -, c’est la qualité des personnages, et en particulier celle de notre principale interlocutrice. À elle-seule, Frankie fait le boulot. Largement.
Divertissant.