Décibels - David Ruiz Martin
Décibels
David Ruiz Martin
Freelance ! / 2026
325 pages
Décibels … Le silence, parfois, commence par trop de bruit …
Cinquième bouquin de cet auteur pour moi - et chacun, à sa façon, m’a atteint, heurté. En fait, c’est exactement ce que je demande … L’un d’eux, « Seule la haine », a été un réel coup de cœur, pour ne pas dire un coup de poing dans la gueule.
David Ruiz Martin (DRM) nous projette dans l’univers d’un groupe de jeunes qui avancent un peu comme tous les ados du monde : totalement à l’aveugle. C’est vivant, frais, vrai. Et tragique, vous verrez. Ces gamins, qui grandissent, découvrent et dévorent le monde, sont finalement un peu comme des moustiques attirés par la lumière - les boites électro. La musique. La drogue. La violence. Les filles, le sexe. Un dérapage de trop et peut-être les emmerdes.
Prise à la gorge, l’innocence ne résiste pas bien longtemps. La vraie vie s’en charge …
DRM nous conte une descente aux Enfers, portée par des amitiés sincères, et d’autres un peu moins. Une relation aussi simple que complexe. Les amitiés sincères sont parfois les plus dangereuses, car on ne les jette pas du jour au lendemain au fond d’un égout lorsqu’elles peuvent vous mettre en danger. Loyauté oblige ! A travers ce récit, l’auteur érige l’amitié en valeur absolue.
Sa façon de raconter est adroite, on finit par se sentir vraiment de la partie, intégré à cette équipe. C’est du moins mon cas. On sent que l'auteur a mis une part de lui-même – ses tripes ! -, presque chirurgicale, dans chaque page.
Au-delà des faits, DRM parvient à faire remonter un paquet d’émotions brutes, à travers la violence faite aux enfants, l’amitié toxique, la mort, ou encore cette putain de drogue qui bouffe tout. Cette chienne de vie quoi … Le milieu de la nuit électro est un piège qui se referme avant même qu’on l’ait vu venir. Et il y a aussi ces décisions très difficiles à prendre, qui s’avèrent être bien souvent mauvaises.
Oui, c’est aussi une histoire de choix - ceux qui donnent une direction à une vie. Mais ces choix, bien que personnels, semblent parfois nous échapper et devenir totalement étrangers. L’auteur l’illustre à travers son personnage principal qui, plus il veut avancer, plus il recule vers le bord du gouffre.
Décibels. Un titre qui dit tout. Parce que cette jeunesse ne vit pas - elle explose. Trop fort, trop vite, jusqu’à la distorsion. Quelle intensité !
A lire.