8,2 secondes / Maxime Chattam
8,2 secondes
Maxime Chattam
Éditions Albin Michel
291 pages
Êtes-vous du genre à chercher des réponses là où elles ne se trouvent pas… jusqu’à ce qu’un livre vous montre une autre perspective ?
J’ai été bluffé par ce récit qui m’a profondément touché. L'auteur nous montre que l'amour et la mort partagent la même urgence : celle de l'instant absolu ...
Deux ambiances, deux atmosphères, une seule intrigue. D’abord New-York, où nous suivons une enquêtrice sur une affaire d’homicides. Puis l’arrière-pays - les lacs, la forêt -, proche de la frontière canadienne, où une scénariste new-yorkaise s’est retirée dans la maison familiale, refuge de son enfance et de son passé.
La mort, le deuil, la douleur, le mensonge puis le doute seront nos durs alliés durant cette intrigue qui risque de vous marquer l’esprit.
Ce récit démarre très lentement. L’auteur nous fait avancer à un rythme tranquille, mais ponctués de doutes qui se transforment en craintes, puis en angoisses. La force trompeuse d’une cadence paisible qui annonce du lourd. On le ressent, les personnages le ressentent, tout le monde le ressent, mais ne le voit presque pas venir.
Nous sommes constamment ballotés entre l’enquête new-yorkaise et la retraite de cette femme en deuil dans l’arrière-pays. Le lien entre les deux ne saute pas aux yeux, ce qui crée une certaine frustration. Mais c’est une frustration positive car le lecteur que je suis, envahi par ce calme omniprésent, reste constamment sur ses gardes.
Le doute, au bout d’un moment, évolue et se métamorphose en trouble. Certains personnages deviennent troublants, mais aussi certaines circonstances, et peut-être aussi la logique. Même cette dernière devient déroutante.
Il m’est alors arrivé quelque chose de très rare. Bien que ce récit se déploie avec une grande lenteur, j’ai choisi de le lire encore plus lentement, histoire de faire durer le plaisir. C’est un sentiment très paradoxal. Les éléments sont dévoilés au compte-gouttes, et pourtant … J’ai voulu resserrer encore davantage le sablier pour que l’intrigue s’écoule plus longtemps. Preuve que l’auteur a réussi, malgré ce rythme, à captiver totalement le lecteur que je suis.
Proche du dénouement, l’auteur nous fait bien comprendre que l’essentiel ne se trouve pas forcément là où on le cherche. Tout est une question de perspective et de points de vue. Je n’en dirai évidemment pas plus.
Maxime Chattam nous livre un récit extrêmement intime, une histoire très dure, où la culpabilité, le deuil, la résilience et l’amour prennent toute la place. C’est profondément et immensément humain.
La structure que l’auteur a mis en place est tout simplement brillante et bluffante.