Scopolamine - Efsy Washington

Publié le par Pascal K.

Scopolamine
Efsy Washington

Editions Magnus / 2026
333 pages 

La scopolamine est un alcaloïde aux usages médicaux reconnus mais, comme beaucoup de substances légitimes, elle a aussi une face sombre : la soumission chimique. Ici, celle de la pensée … 

Eh oui ... L’être humain ne pense plus, ne réfléchit plus. Il approuve. La nuance est mince - et personne ne semble s’en inquiéter ! A part peut-être l’auteur dans ce récit … 

Dès les premières pages, il règle ses comptes avec l’édition, expérience réelle à l’appui. Censure, classification insidieuse, étiquettes collées aux auteurs selon leurs choix. Gauche, droite. Bien-pensants, fascho. Pas d’autres alternatives. Et cette trouille des éditeurs d’assumer un roman qui voit juste - trop juste ? -, ce qui, dans le milieu, revient à dire : trop à droite. Etiquette, quand tu nous tiens … 

Le narrateur, c’est l’auteur. Ou l’inverse - la frontière est délicieusement floue. Ce personnage-auteur se retrouve au cœur d’une scène de crime sur une plage espagnole. Début des emmerdes ? C’est certain, mais également le début d’un récit parfait pour parler de notre société. 

Dans une ambiance années 80 - thème de l’hôtel espagnol où se trouve notre héros -, chaque personnage prend la parole, chacun portant un bout du diagnostic suivant : les dérives d’une société qui, doucement mais sûrement, resserre le cadre et fait taire ce qui « dépasse ». 

Une énergie folle émane de ce bouquin. Cette musique des années 80 en fond sonore finit par emporter le lecteur, corps et âme, jusque dans « l’œil du cyclone » - un cyclone qui, on le découvre, charrie aussi beaucoup de noirceur. Jusqu’en Enfer.

A travers ses personnages évoluant en huis clos, Efsy Washington pointe du doigts plusieurs sujets brûlants qui commencent sérieusement à « foutre les boules », à l’image du développement et de la puissance de feu de l’IA, omniprésente dans nos vies quotidiennes. 

L’auteur confronte aussi ses personnages à une menace mortelle aux motivations invraisemblables - et c’est là que le récit prend toute sa dimension. 

Je ne souhaite pas entrer dans les détails, mais il est question de déformations totales de convictions transformées en idéologies irrationnelles. Le pire, c’est que ces motivations sont belles et bien ancrées dans notre réalité, croyez-moi. Petit détail qui a tout de même son importance : c’est d’une violence inouïe. Âmes sensibles … L’auteur n’épargne personne, surtout pas le lecteur. Merci ! 

E.W. dénonce une dérive systémique - politique, assumons le mot ! Au cœur de cette société wokiste qui déraille moralement, l’être humain devient complément stupide, puis dangereux. L’auteur pousse le trait à son paroxysme mais, pour moi, il ne fait que décrire ce qui est. 

Sinon, joli dénouement …. Respect. 

L’être humain a arrêté de penser par lui-même. Ce livre le dit. La réalité le confirme … 

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