La route du Diable - Caleb Traskman (Franck Thilliez) --- Quelle structure !
La route du Diable
Caleb Traskman (Franck Thilliez)
Fleuve éditions / 2026
266 pages
Avec cet auteur, même le temps finit par vous mentir !
Franck Thilliez est Caleb Traskman. Ou c’est Caleb Traskman qui s’est emparé de l’âme de Thilliez pour en extraire ce qu’elle recèle d’horreur et d’ingéniosité.
Bon dieu, cette histoire est un vrai coup de génie, sincèrement ! Vous remettez en question ce que vous venez de lire. Puis ce que vous croyiez avoir compris avant. Vos synapses vont surchauffer.
J’imagine que celles de Thilliez ont dû chauffer tout autant lors de l’écriture de ce bouquin. Et dire que tout se tient … Quand tout finit par s’emboîter, vous réalisez que « les signes » étaient là depuis le début. Franchement, chapeau bas. Ne négligez jamais ce qui vous semble insignifiant. Rien ne l’est …
La trame de base est simple. Un jeune couple disparait en sillonnant la route du Diable en VW Combi, quelque part en Amérique du nord. Un endroit complètement paumé, presque oublié des cartes. Sans communication.
Un an plus tard, la mère de la fille disparue, le père de son petit-ami et deux influenceurs spécialisés dans le True Crime partent sur leurs traces. Pour comprendre. Un aller-retour sur la route du Diable, autrement dit un presque aller et un éventuel retour vers / du néant.
L’auteur, qu’il soit dans la peau ou l’âme de Caleb Traskman ou non, sait parfaitement planter un décor. Et pas seulement le décor : tout ce qui l’habite, tout ce qui l’anime, tout ce qui peut potentiellement et progressivement le rendre inquiétant et étrange. Et dans ce décor, presque imperceptiblement, le temps vient lui aussi brouiller les pistes.
Franck Traskman ou Caleb Thilliez - merde, je m’y perds ! - utilise avec une belle subtilité les codes du récit d’horreur. Et je crois bien que ce qui est le plus angoissant ici, c’est ce qui ne se voit pas. Ce qui n’est pas là. Le silence. L’attente. Et parfois même le « non-événement ».
Mais Thilliez, fidèle à ses habitudes, va également nous entraîner vers des événements qui viennent bousculer nos certitudes et déstabiliser notre compréhension de ce qui se passe réellement. J’adore ça. La situation qui en découle fait froid dans le dos et ne laisse, à première vue, que très peu d’espoir. Quoique …
Et oui, quoique …
La structure du roman est, elle aussi, particulièrement habile. Le destin y prend parfois des chemins pour le moins inattendus …
À découvrir absolument.