Immersion - Nicolas Druart
Immersion
Nicolas Druart
Éditions Belfond (Noir) / 2026
318 pages
Aïe, je reste mitigé et sur ma faim. Laissez-moi vous expliquer pourquoi.
Cette trame est efficace et rythmée. Il suffit de trouver les bons ingrédients - pas besoin d’en mettre des tonnes -, et de maîtriser leur dosage. Nicolas Druart a mis la main sur une alchimie qui fonctionne bien, à savoir la frayeur et la mort, conjuguées à l’incompréhension. Les trois vont d’ailleurs bien ensemble.
Pour le cadre, l’auteur a choisi une attraction touristique fraîchement rouverte après des travaux de sécurité : le gouffre de Gorre, niché dans le sud-ouest de la France. Une immersion totale, promettent les étranges propriétaires des lieux. Un huis clos implacable, semble promettre la trame de l’auteur.
Deux volets retiennent notre attention dès le départ de l’intrigue : la disparition inexpliquée de visiteurs de ce gouffre, mais aussi l’arrêt cardiaque foudroyant et simultané de personnes en divers lieux en France. Evidemment, ces deux volets vont s’ouvrir sur une seule et même vérité.
J’ai aimé l’un des thèmes principaux de ce récit, et surtout la manière dont il a été traité. Il est question de la peur, voire même de la frayeur : un sentiment de défense ultime qui, paradoxalement, nous attire. La preuve : nous la recherchons bien souvent, et de multiples façons. Le voyeurisme, phénomène de plus en plus ancré dans notre société est, je l'admets, très bien traité ici.
Et comme toujours avec Nicolas Druart, le pro du bluff et de l’ultime coup de massue envoyé à travers la tronche, il y a bien un joli retournement de situation. L’auteur ne déçoit pas sur ce point.
Mais alors pourquoi cette réserve de ma part ?
Je me suis longtemps interrogé sur les intentions de l’auteur. Non que ce soit décevant, loin de là, mais l’ensemble me semblait assez … convenu. Et connaissant bien les récits de l’auteur, je me suis persuadé que cela ne pouvait pas être aussi simple. Entre nous, j’espérais secrètement ne pas me tromper.
En revanche - et j’avais déjà prévenu que, pour moi, la barre était déjà bien haute avec ses précédents bouquins ! -, je n’ai pas été emporté plus que cela, malgré ce retournement de situation.
Il m’a manqué quelque chose. Face à un thriller, j’aime être surpris, trompé, déstabilisé, surtout d’un point de vue psychologique. J’aime la subtilité, ces petits détails pertinents qui blessent l’ego tant on s’est fait manipuler. J’y ai souvent eu droit dans ses précédents bouquins, parfois énormément, mais nettement moins ici. Je n'ai pas été confronté à ce fameux "bordel de merde, celle-là on ne me l'avait encore jamais faite !".
Bref, je suis resté sur ma faim, du moins cette fois-ci.