Manhattan Paradise - Christophe Dubourg

Publié le par Pascal K.

Manhattan Paradise
Christophe Dubourg

Éditons Magnus / 2025
348 pages

Manhattan Paradise. Quel contraste. C’est l’Enfer qui nous accueille dans ce récit, matérialiser par la barbarie et la bestialité de l’être humain au sein d’une société qui n’aide pas vraiment. Manhattan, oui. Pour le paradis, il faudra repasser. Mais Paradise, en fait, c’est un nom. Anthony Paradise, pour être exact. 

Nous sommes donc à Manhattan, et dès les premières minutes on plonge dans le vif du sujet, malgré l’heure matinale. Un bus et ses quelques passagers sont pris en otage par un type armé d’un flingue. Il est précisément 7h51, et nous allons vivre intensément chaque minute qui suit. 

Anthony Paradise, du FBI, est le négociateur. Il a été « convoqué » par le forcené qui semble savoir exactement ce qu’il fait et ce qu’il veut.

Bordel. Ça ne traîne pas. Les minutes s’enchaînent sans que l’on s’en aperçoive. La narration y est pour beaucoup, c’est très habile. L’auteur multiplie les points de vue en passant d’un personnage à l’autre, ce qui donne une dimension immersive et percutante. Manhattan, elle-même, est l’un de ces personnages, et pas des moindres. 

La fin justifie-t-elle les moyens ? Cette interrogation est primordiale dans bien des domaines où tout n’est qu’une question d’équilibre et de proportionnalité. Dans ce récit, où la pression ne descend que très rarement, le lecteur pourra se poser cette question bien quelques fois. 

Qu’est-ce qui est juste ou pas ? Bien ou mal ? Qui décide de cela ? La vengeance, une fois encore, constitue ici l’élément central. Cet acte punitif demeure pour moi un sujet fascinant, un acte fort et souvent irréversible qui soulève encore bien des interrogations. Est-ce que cela répare … ? Je n’ai toujours pas la réponse exacte. Vous non plus …

Le plan se dessine progressivement, d’abord flou, puis de plus en plus net. Le timing de cette mise en place est vraiment très bon : l’image gagne en clarté, et souvent au moment idéal. 

L’auteur nous confronte à un phénomène humain et de société intéressant : l’homme face à ses choix - qui n’en sont parfois pas vraiment -, ou face à la multiplicité de points de vue. Ces derniers se trouvent aujourd’hui fortement biaisés, faussés, incomplets, voire complètement hors propos, sous l’influence notamment des réseaux sociaux ou d’une société qui pense tout savoir sur tout. 

Cette trame force la réflexion sur quelques points fascinants de notre société, mais c’est surtout un récit qui va vite, très vite et qui diverti comme jamais. J’adhère ! 

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