Les disparus de Monte Angelo - Thomas Kanger

Publié le par Pascal K.

Les disparus de Monte Angelo
Thomas Kanger

Éditions 10/18 - 2010
315 pages 

Jusqu’où iriez-vous pour comprendre un mort ?

Fouiller dans le passé, c’est remuer des cadavres : ça pue, ça colle à la peau, et ça tue !

Ce livre d’un auteur suédois traînait dans ma bibliothèque depuis bien longtemps. Non pas qu’il ne m’intéressait pas, mais j’ignorais son existence, comme bien d’autres. Bonne pioche ? 

Le personnage principal est une commissaire de la police criminelle suédoise qui, sur un coup de tête, abandonne tout du jour au lendemain. Elle part au hasard, au feeling, guidée par son instinct, et c’est dans le sud de l’Italie qu’elle va déposer son sac de voyage. Là-bas l’attendent une rencontre inattendue, beaucoup de passion, des questions et un meurtre. 

Après avoir tourné une centaine de pages en me demandant quand l’intrigue allait enfin prendre son envol, l’auteur a réussi à capter mon attention. Construire minutieusement un récit est louable, mais ici, il a méchamment joué avec ma patience. Heureusement, comme celle-ci est, paraît-il une grande vertu, j’ai fini par accrocher. 

Le récit s’articule autour de la quête d’identité d’un personnage, puis de la reconstitution de son parcours pour comprendre les raisons de sa fin tragique. 

Ce périple nous mènera en Croatie, dans divers lieus encore bien marqués par la guerre, que cela soit visuel ou dans l’âme de ses habitants. Cette guerre revêt un caractère vraiment complexe, chaque camp ayant endossé le rôle de victime et d’agresseur.   

Notre flic suédoise, en cherchant à savoir qui était l’homme qu’elle avait rencontré avant qu’il se fasse abattre, va tomber sur de belles merdes bien puantes qu’il n’aurait pas fallu remuer au risque de s’enliser.  

Au final, cette histoire qui s’appuie sur les séquelles de la guerre pour construire son intrigue tient bien la route. A l’issu de cette lecture, le lecteur pourra clairement se rendre compte que l’être humain ne parvient jamais à effacer des blessures qui ont atteint son âme en profondeur. La vengeance apparaît souvent comme l’ultime recours, soit le moindre mal face à des blessures ineffaçables !

Oui, finalement, une bonne pioche ! 

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