La rivière de l'oubli, de Cai Jun --- Très enthousiaste, mitigé, puis finalement déçu!

Publié le par Paco

La rivière de l’oubli
Cai Jun 

XO Editions / 2018
481 pages

Cai Jun est né en 1978 à Shanghaï. Cet auteur, dont le succès est notamment dû à son imagination débordante et au suspense de ses romans, est l’un des plus lus en Chine. Il serait même surnommé « Le Stephen King chinois » ! Rien que ça...

En ouvrant ce pavé, deux choses m’intéressent avant même d’avoir débuté la lecture : d’une part, le fait d’être totalement dépaysé en débarquant en Chine - géographie, contexte social ou culturel - et, d’autre part, de découvrir le style d’un auteur venant de ce pays. Eh oui, c’est une première pour moi !

En tournant les premières pages de ce thriller, je laisse échapper un « ouf ! », accompagné d’une certaine jubilation. L’écriture dégage une certaine spontanéité ; nous sommes sèchement happés et levés du sol par un style vif et plein d’énergie.

Mais ! Il y a de longs longs longs passages qui m’ont, au bout du compte, pas mal ennuyé. J’y reviendrai.

L’auteur met en place des dialogues encore une fois vifs mais aussi inhabituels pour moi. Nous constatons, évidemment, que nous sommes ancrés dans une culture totalement différente. Voilà déjà l’un des attraits que j’attendais en évoluant dans cette histoire ! Les relations entre les protagonistes, leur façon de s’interpeller, de se parler, leurs manières de vivre ou encore d’enquêter, sont pour moi des éléments pittoresques.

L’histoire ? Nous débutons ce périple dans un lycée nommé Nanming. Une jeune étudiante est retrouvée assassinée sur le toit de la bibliothèque. Son professeur de chinois - notre premier interlocuteur - prendra très rapidement le rôle du principal suspect. Qu’il soit coupable ou non, son entourage va se retourner pour finalement le lâcher.

Quelques jours plus tard, il sera à son tour retrouvé assassiné, poignardé près de l’école. Dès ce moment, l’histoire commencera réellement pour nous - du moins pour moi ! La vengeance est un plat qui se mange froid, même en Chine, et c’est donc dix ans plus tard que nous allons poursuivre ce récit. Une belle et surprenante vengeance !

L’auteur met en place son récit en accordant une importance capitale aux personnages. Ceux-ci sont fouillés, décrits avec précision et grande attention. Sans nous en rendre compte vraiment, nous nous impliquons toujours un peu plus, pour finalement nous enfouir totalement dans leur vie.

Bien que notre culture et la leur soient radicalement différentes, nous remarquerons que, fondamentalement, nous sommes tous les mêmes. Entre l’envie et la jalousie, la colère et l’amour ou encore la haine et l’amitié, nous évoluons toutes et tous avec les mêmes sentiments de base.

En ajoutant une petite trame surnaturelle - un peu à la Stephen King, c’est vrai ! -, l’auteur va nous faire grimper sur l’échelle de l’émotion. Un enfant surdoué, le principe de la réincarnation, la vie après la mort ou encore cette fameuse vengeance, voici quelques éléments qui vont nous accompagner tout au long de ce récit.

L’auteur va pousser jusqu’au summum l’épaisseur des protagonistes. J’ai rarement été confronté à autant de puissance concernant des personnages. De plus, l’atmosphère asiatique, dont l’auteur nous transmet moult détails, nous enrobe toujours un peu plus.

Un peu trop ???

Malgré toutes ces louanges - à juste titre ! -, je dois admettre que j’ai subi aussi une grande traversée du désert ! Un bien pour un mal, c’est vrai, mais s’enfouir autant, au bout d’un moment, ça me fait presque l’effet inverse. Être patient, c’est bien, mais j’ai des limites. Bien que l’écriture et le style soient plus que corrects, j’avais tout de même envie d’avancer !

Le dénouement est correct, bien amené, mais sans grosses surprises. Ce roman était pour moi très prometteur, un départ sur les chapeaux de roues, mais je me suis finalement bien ennuyé avec, notamment, de sérieuses répétitions !

Bonne lecture.

Publié dans littérature chinoise

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christine WARLOP 19/09/2018 20:38

je m'y suis perdue, l'histoire aurait méritée 100 pages de moins car effectivement cela démarre trés bien pour ensuite d'essoufler, dommage

Paco 19/09/2018 21:20

On est d’accord! ????????