Ce que cachent les jupes des filles - Cécile Astachenko

Publié le par Pascal K.

Ce que cachent les jupes des filles 
Cécile Astachenko

Éditions prisma / 2024
296 pages

Ce bouquin est le premier de l’auteure et c’est un coup de cœur. Ce récit m’a bouleversé, surpris et bluffé.

Une seule et unique question, cruciale et décisive, sera à se poser concernant cette intrigue : que s’est-il vraiment passé le 22 décembre 1975, lors du bal d’hiver de l’école où Hélène, 12 ans, a totalement disparu de la circulation. Morte ? Ou pas ? L’enquête effectuée à l’époque semble laisser un sale goût d’inachevé.

Hortense, aujourd’hui institutrice et amie d’enfance d’Hélène, se pose encore la question. Cette femme très fragile, encore endeuillée et perturbée par cette fameuse soirée, va nous balader entre 1975 et 1992, en alimentant bien des doutes. Certains faits qui lui arrivent dans la tronche la ramène irrémédiablement au soir de « l’événement ».

C’est avec une sorte de cruelle sensibilité que l’auteure nous conduit vers un passé plutôt troublant, vers une période désormais achevée - on ne change pas le passé - mais qui garde en elle bien des tourments qui, eux, sont loin d’être révolus ou résolus. Croyez-moi …

C’est en déversant de grandes quantités d’émotions, avec finesse, justesse et suspense (!!), que l’auteure nous lie à ce passé aussi poignant que déroutant. Les personnages sont très bien définis, avec de fortes personnalités, que cela soit pour les protagonistes présents ou disparus. Parfois, l’absence peut être terriblement présente … La mémoire et les souvenirs peuvent être dotés d’une sacrée force, jusqu’à l’infini.

La structure de cette intrigue nous pousse toujours un peu plus vers un huis clos très tendu, dans lequel tout va certainement se dénouer d’une manière ou d’une autre. Tous les préados du passé vont être amenés à faire face aux adultes qu’ils sont devenus. C’est original et très bien vu ! L’auteure lie parfaitement bien ces deux périodes que nous avons l’occasion de vivre pleinement.

Et il y a ce dénouement, bordel. L’auteure m’a littéralement terrassé et retourné le cerveau. C’est beau, c’est dur, c’est déroutant et c’est tellement bien amené ! Au niveau des sentiments et des ressentis, c’est d’une puissance phénoménale. C’est le genre de récit que je n’oublierai pas de sitôt. 

Publié dans Littérature belge

Commenter cet article