Laisse le monde tomber, Jacques Olivier Bosco

Publié le par Pascal K.

Laisse le monde tomber
Jacques Olivier Bosco

French Pulp Éditions / 2019
356 pages 

Je vais tenter d’être objectif, malgré le fait que Bosco écrit des bouquins qui me touchent à chaque fois là où il faut et à chaque coup tiré : dans le cœur et dans les tripes ! Bosco écrit avec de la rage, avec un peu de folie !

Il a ce « petit truc » qui me heurte, qui va droit au but, avec une telle force ! La vengeance est souvent présente, un châtiment noble, si j’ose dire, une punition plus que méritée. Les valeurs, souvent, les codes d’honneurs, toujours, sont là aussi pour nous rappeler que nous ne faisons pas toujours les choses justes, mais nous les faisons bien, et avec un certain respect ! 

Ici, ça débute d’une manière assez noire, avec pas mal d'éclaboussures aux teintes rouges. Oui, l’auteur aime déchiqueter, lacérer, charcuter ou encore faire exploser ! C’est un grand sentimental !

Mais c’est surtout dans la banlieue parisienne que nous irons traîner nos basques, le 92, là où les hautes tours délabrées font de l’ombre aux parcs défraîchis et insalubres. Des tours qui abritent une multitude de communautés qui s’entassent et se tabassent. 

Là où l’espoir est une légende, une illusion, une chimère. Là où l’on parque les besogneux, là où l’étincelle ne jaillira plus jamais dans les yeux des gosses qui n’espèrent même plus. Là où la violence compense tous les manques. Une illusion de plus. Et, entre nous, où s’arrête vraiment « la banlieue », aujourd’hui ... ? 

Ce qui va sèchement se faire ressentir ici, c’est cette ambiance de haine, de racisme, de peur ou de manque total d’acceptation. "Tout est à mettre sur le compte de ces connards d’étrangers". Ce n’est pas le gardien d’immeuble ultra nationaliste, ni son berger allemand qui vous diront le contraire ! Avant, c’était bien, mais c’était avant.

Bref, quoi qu’il en soit, dans cette ambiance de banlieue démoralisante, le « mal » va frapper, telle une malédiction. Suite à un concours de circonstances, c’est un « petit » commissariat de banlieue qui enquêtera et fera face à l'inhumanité.  

L’auteur nous présente des flics cassés, vides de l’intérieur, remplis de désillusions. Mal-être, frustrations, violence enfouie dans les entrailles pour certains, rage, alcool, rancœurs pour d’autres. Pourquoi faire ce job et t’en ramasser plein la gueule ? Mais, au final, tu sais que tu ne peux pas laisser le monde tomber. Mais à quel prix ?? 

Entre une bande organisée de tueurs de flics, des chiens dressés électroniquement pour déchiqueter leurs victimes ou encore des grossistes de poudre blanche magique et bienfaisante (!!), Jacques Olivier Bosco nous balance dans une arène nauséabonde, où une extrême violence s’éparpille toujours un peu plus, en prenant une place inquiétante. 

La vengeance est toujours aussi présente, - prenante ! - au même titre que la femme déchaînée, effrénée et encombrée d’une rage démesurée. La femme est à l’honneur ! Je sais que l’auteur aime ce genre de personnage ! Nous suivons ici le principe de « l’action - réaction ». Tout acte engendre une réaction, c’est certain, et parfois cela se nomme la vengeance. C’est elle qui vient parfois à vous, sans vraiment demander votre avis ! Il suffit de souffrir bien assez pour ne plus oublier. 

L’écho des attentats de Paris résonne encore au creux du bide, la drogue - ce fléau ! - se déverse un peu partout dans les cités et la violence fait dysfonctionner toujours un peu plus une société qui perd pied. Oui, l’auteur nous trace une ligne bien noire sur un monde qui va mal, sur une triste réalité ! 

Bonne lecture !

 

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Alex-Mot-à-Mots 25/11/2019 15:49

L'arrière plan du roman a l'air intéressant.

Pascal K. 27/11/2019 13:01

Très d’actualité !

Valerie 24/11/2019 18:01

Merci Pascal. Tu donnes envie ????❤

Paco 25/11/2019 15:15

J'adhère à l'univers de cet auteur depuis bien longtemps ! :-)